
Ouagadougou, 5 mars 2026. Le procès de Yé Yaké Camille et de ses coaccusés, poursuivis notamment pour détournement de deniers publics et blanchiment de capitaux, a franchi une nouvelle étape ce jeudi au tribunal. Le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) et l’État burkinabè se sont constitués parties civiles et ont demandé la condamnation des prévenus, tandis que le ministère public a requis des peines de prison et de fortes amendes contre plusieurs d’entre eux.
À l’issue de la clôture des débats, le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) s’est constitué partie civile et a sollicité la condamnation des prévenus au paiement du franc symbolique.
Prenant la parole à la suite de l’avocat du REN-LAC, l’Agent judiciaire de l’État (AJE) a soutenu que, conformément à la décision rendue dans l’affaire Vincent Dabilgou et autres, la juridiction saisie demeure compétente pour connaître du dossier. Il a également estimé que l’incident soulevé par la défense du prévenu Ismaël Ouédraogo, relatif à une question de signature, devait être écarté.
Représentant les intérêts de l’État, l’AJE a demandé au tribunal de reconnaître coupables, selon les cas, les prévenus Laure Zongo/Hien, Yé Yaké Camille, Ismaël Ouédraogo, Billy Zongo, Pasgo Payirwendé Billa, Issiaka Sangaré, Lydie Bounkougou et Kouka Dimanche Yaméogo pour des faits de détournement de deniers publics, complicité de détournement, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux.
Au titre des réparations, l’État a formulé plusieurs demandes devant la juridiction :
2 221 000 000 FCFA pour réparer le préjudice financier subi ;
50 000 000 FCFA au titre du préjudice moral ;
la confiscation des biens des prévenus afin de garantir l’indemnisation de l’État ;
10 000 000 FCFA pour couvrir les frais exposés et non compris dans les dépens.
Le parquet requiert des peines de prison
Dans ses réquisitions, le procureur a appelé le tribunal à sévir avec fermeté contre les mis en cause. « Ces genres de délinquants, ce n’est pas la prison qui les inquiète. Voilà pourquoi, Monsieur le Président, il faut sans complaisance frapper dans leur patrimoine », a-t-il déclaré.
Le ministère public a ainsi requis :
la relaxe de Billy Zongo au bénéfice du doute ;
5 ans de prison ferme et 258,9 millions FCFA d’amende contre Laure Zongo Hien ;
11 ans de prison ferme et 522 millions FCFA d’amende contre Yé Yaké Camille ;
5 ans de prison ferme et 255 millions FCFA d’amende contre Ismaël Ouédraogo ;
15 mois de prison avec sursis et 30 millions FCFA d’amende ferme contre Pasco Billa ;
15 mois de prison avec sursis et 31 millions FCFA d’amende ferme contre Kouka Dimanche Yaméogo ;
5 ans de prison ferme et 67,7 millions FCFA d’amende contre Issiaka Sangaré ;
15 mois de prison avec sursis et 67 millions FCFA d’amende ferme contre Lydie Bounkoungou.
Le parquet a également demandé au tribunal de décerner un mandat de dépôt contre Laure Zongo Hien, Yé Yaké Camille, Ismaël Ouédraogo et Issiaka Sangaré, ainsi que la confiscation des biens de Yé Yaké Camille et Laure Zongo Hien à concurrence des montants présumés détournés.
L’audience a été suspendue et doit reprendre avec les plaidoiries des avocats de la défense.
