
Le Président du Faso a officiellement lancé, ce 26 mars 2026, la troisième édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC), prévue jusqu’au 9 avril prochain. Placée sous le thème de la souveraineté alimentaire, cette initiative se veut un appel à une profonde transformation des habitudes de consommation au Burkina Faso.
Dans un discours empreint de fermeté, le Capitaine Ibrahim Traoré a invité les citoyens à porter un regard critique sur leur alimentation quotidienne. Il a dénoncé la forte dépendance aux produits importés, allant du riz au lait en poudre, en passant par les conserves, qui concurrencent directement les productions locales. Selon lui, cette dépendance constitue une forme d’impérialisme insidieux, qui s’impose jusque dans les habitudes alimentaires. Le Président du Faso a ainsi regretté que des productions nationales issues de zones agricoles comme Bagré, le Sourou ou Samendeni peinent à trouver des débouchés, pendant que les marchés sont inondés de produits étrangers. Face à cette situation, il a appelé à un « sursaut patriotique » aussi bien des consommateurs que des commerçants, invitant ces derniers à valoriser davantage les produits « made in Burkina » dans leurs étals. L’objectif est clair : faire de la consommation locale un levier de développement économique et de souveraineté nationale. Le Chef de l’État a également dénoncé le conditionnement des mentalités, hérité de plusieurs décennies, qui tend à valoriser les produits importés au détriment des productions locales. Il a exhorté les Burkinabè à renouer avec leurs valeurs, en privilégiant notamment les céréales locales comme le mil, le sorgho et le maïs, ainsi que les produits artisanaux tels que le Faso Dan Fani. Le thème retenu pour cette édition, « Souveraineté alimentaire et patriotisme économique : ensemble, cultivons notre dignité par la production et la consommation locales », s’accompagne du slogan « Mon assiette, ma fierté ».
Pour le Président du Faso, chaque acte de consommation locale représente un pas vers l’indépendance économique. Au-delà des discours, Ibrahim Traoré appelle à des actions concrètes dans tous les espaces de vie : administrations, écoles, marchés et foyers. Il souhaite que le réflexe du « consommer local » s’impose durablement, contribuant ainsi à soutenir les producteurs, les transformateurs et l’ensemble du tissu économique national.S’adressant particulièrement aux commerçants, il les a exhortés à privilégier les circuits locaux et à éviter les pratiques frauduleuses qui fragilisent l’économie nationale. Il a également mis en garde contre les illusions de la consommation facile, estimant que la dépendance aux importations compromet l’avenir des générations futures.
Convaincu de la capacité de résilience du Burkina Faso, le Président du Faso a affirmé que le pays peut compter sur ses ressources internes et sur l’engagement de sa population pour relever les défis économiques. Il a ainsi appelé à une mobilisation générale autour de la production, de la transformation et de la consommation des produits locaux.En conclusion, le Chef de l’État a invité les Burkinabè à faire de leur alimentation un acte de résistance et de fierté nationale. « Produire ce que nous consommons et consommer ce que nous produisons », a-t-il insisté, comme fondement d’une véritable indépendance.
