
Devant l’Assemblée législative de Transition (ALT), ce vendredi 30 janvier 2026, le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a présenté l’Exposé sur la situation de la Nation. Un discours marqué par la volonté de rupture, la montée en puissance de l’appareil sécuritaire et des résultats revendiqués sur les plans social, économique et institutionnel.
L’année 2025 restera, selon le chef du Gouvernement, comme un tournant majeur dans la conduite de la Révolution progressiste populaire. « Elle a été marquée par des avancées historiques sur tous les fronts », a-t-il affirmé, soulignant la détermination des autorités à bâtir un Burkina Faso souverain, résilient et ancré dans ses valeurs propres.
Sécurité : des progrès sur le terrain
Selon le Premier ministre, la reconquête du territoire national demeure la priorité absolue de l’action gouvernementale. En 2025, l’État a renforcé ses forces de défense avec le recrutement de 16 000 militaires, 2 000 policiers et près de 15 000 Volontaires pour la défense de la patrie (VDP).
Ces efforts ont permis de ramener 74 % du territoire national sous contrôle de l’État, favorisant le retour de plus de 1,16 million de personnes déplacées dans leurs localités d’origine. Dans le même élan, 73 préfectures et mairies, 600 structures éducatives et 38 formations sanitaires ont été rouvertes, tandis que 442 villages ont été libérés puis réinstallés. Plus de 22 000 tonnes de vivres ont également été acheminées vers les zones à fort défi sécuritaire. Sur le plan stratégique, le Premier ministre a annoncé un tournant décisif dans la formation militaire, désormais assurée sur le territoire national, selon une doctrine adaptée aux réalités du pays.
Le chef du Gouvernement a réaffirmé la rupture avec le modèle néolibéral, jugé prédateur, au profit d’une vision fondée sur l’autonomie stratégique et la maîtrise nationale des choix de développement. « Nous agissons désormais par nous-mêmes et pour nous-mêmes », a-t-il déclaré, présentant la Révolution progressiste populaire comme l’expression d’une volonté collective portée par les Burkinabè.
Priorité à la santé et à l’éducation
Dans le domaine social, le gouvernement affirme avoir consacré 1 450 milliards de FCFA, soit plus de 40 % du budget national, aux secteurs de l’éducation et de la santé. L’éducation a bénéficié de 28,34 % du budget, contre 11,79 % pour la santé.
Pour 2026, la construction d’un Institut du cœur est annoncée afin de renforcer la prise en charge des pathologies cardiovasculaires.
Économie : maîtrise des dépenses et mobilisation des ressources
Sur le plan économique, l’État indique avoir économisé 478 milliards de FCFA en 2025 grâce à la réduction des dépenses de fonctionnement de l’administration, ressources réaffectées à des secteurs jugés prioritaires.
Le secteur minier a enregistré une production de près de 94 tonnes d’or, tandis que la diaspora burkinabè a contribué à hauteur de près de 494 millions de FCFA au Fonds de soutien patriotique, en plus de transferts courants estimés à plus de 200 milliards de FCFA.
Infrastructures, communication et rayonnement
Des études de préfaisabilité pour la mise en place de lignes de métro à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso seront engagées, a annoncé le Premier ministre.
Par ailleurs, le gouvernement revendique une communication renforcée autour de l’effort de guerre, avec plus de 7 000 productions médiatiques en 2025 et des sorties de journalistes dans les zones reconquises, dans un contexte de lutte contre la désinformation.
Sur le plan touristique, les autorités notent une hausse de 1,3 % des arrivées hôtelières et une progression de 177 % de la fréquentation des sites touristiques, portée majoritairement par le tourisme national.
2026 : consolidation et mobilisation
Le Premier ministre a appelé l’ensemble des Burkinabè, de l’intérieur comme de la diaspora, à rester mobilisés pour consolider les acquis.
« La voie que nous traçons est exigeante, mais elle est celle de la souveraineté retrouvée et du développement endogène », a-t-il insisté, affirmant que le Burkina Faso n’entend plus être un terrain d’expérimentation ni un État sous tutelle.
